L'action diplomatique du Canada Questions et réponses
Quelles mesures le Canada a-t-il prises sur le plan diplomatique depuis les événements tragiques du 11 septembre? Le Canada s'est déclaré solidaire des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme. Nous menons une campagne diplomatique soutenue pour rallier et maintenir un large appui international à cette cause qui comporte des dimensions politiques, sécuritaires, juridiques, financières et humanitaires. Lors de visites bilatérales et de rencontres internationales importantes, le Canada a souligné son engagement en faveur des efforts de lutte contre le terrorisme, de la redynamisation du processus de paix au Moyen-Orient et du maintien de l'appui international à l'égard de la coalition.
Le 22 décembre, le Canada ainsi que d'autres pays ont accueilli le nouveau gouvernement provisoire de l'Afghanistan, qui constitue la première étape vers l'établissement d'un gouvernement à base élargie, inclusif et entièrement représentatif.
Avec qui le Canada collabore-t-il pour rallier l'appui international contre le terrorisme? Le Canada coopère avec d'autres pays aux niveaux bilatéral et multilatéral, notamment à l'Organisation des Nations Unies, à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), au G8, à l'Organisation des États américains et à de nombreuses autres instances. En raison de son statut unique de membre d'un nombre élevé d'organisations internationales importantes, le Canada entend continuer de faire avancer le programme de lutte contre le terrorisme à des sommets internationaux et autres rassemblements importants auxquels il prend part. Par exemple, à la neuvième Réunion des dirigeants économiques de l'APEC qui a eu lieu à Shanghai, en Chine, les 20 et 21 octobre 2001, les dirigeants ont demandé que l'APEC et d'autres instances internationales prennent des mesures antiterroristes précises dans plusieurs domaines, notamment le secteur financier, les transports internationaux, les douanes et la sécurité énergétique.
En octobre 2001, le premier ministre a également mis sur pied le Comité ministériel spécial sur la sécurité publique et l'antiterrorisme, qui nous permet de collaborer étroitement avec les autorités des États-Unis et d'autres pays pour élaborer d'autres mesures concrètes contre le terrorisme.
Le Canada a-t-il des contacts avec des partenaires non traditionnels? Oui. Le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères communiquent régulièrement avec des dirigeants du monde entier pour gagner leur appui en faveur de la formation d'une puissante coalition internationale contre le terrorisme. En plus de parler à nos partenaires traditionnels, nous sollicitons les dirigeants du monde arabe et islamique ainsi que des acteurs de premier plan, comme la Chine et la Russie, dont l'appui est crucial. La visite du ministre des Affaires étrangères au Moyen-Orient visait à obtenir la plus vaste coalition possible pour combattre le terrorisme et créer un monde plus sûr. Nous jugeons encourageants les nombreux signes d'appui ferme que nous avons reçus de nos interlocuteurs, leur réceptivité aux efforts que déploient les États-Unis pour former une coalition, et leur condamnation universelle des attentats du 11 septembre. Le gouvernement du Canada a assuré les Canadiens et les autres gouvernements que ses efforts ne sont pas dirigés contre une religion ou un groupe ethnique en particulier. Ses cibles, ce sont les terroristes et ceux qui les soutiennent.
Quel genre d'aide humanitaire le Canada apporte-t-il? Nous soutenons activement les personnes touchées par cette crise dans la région sous forme d'aide humanitaire, et nous continuerons de chercher par quels moyens, de concert avec d'autres donateurs, nous pourrions accroître ce soutien au besoin. Jusqu'à maintenant, quelque 5 000 tonnes métriques de blé et de lentilles ont été acheminées en Afghanistan et dans ses régions frontalières, puis distribuées aux réfugiés afghans et aux personnes déplacées, principalement par des organisations non gouvernementales.
Au cours des 10 dernières années, le Canada a versé quelque 150 millions de dollars d'aide à l'Afghanistan, dont la majeure partie a été consacrée aux réfugiés afghans. L'Afghanistan est le pays asiatique qui reçoit le plus d'aide humanitaire d'urgence du Canada. Le premier ministre Chrétien a annoncé récemment une contribution supplémentaire de 5 millions de dollars d'aide aux réfugiés afghans, portant la contribution totale du Canada à 16 millions de dollars depuis le début de la crise.
Le Canada fournit-il une aide quelconque au Pakistan? Le Canada appuie le Pakistan dans sa courageuse décision d'aider à faire traduire les terroristes en justice. Pour mieux le soutenir, nous envisageons des mesures concrètes d'aide économique et humanitaire et d'aide au développement. Le Canada a assoupli les sanctions qu'il applique contre le Pakistan, et il convertira jusqu'à 447 millions de dollars que le Pakistan doit à l'Agence canadienne de développement international (ACDI), afin que cette somme serve à des programmes de développement dans le secteur social. Les représentants du Canada sur place s'emploient à conforter le Pakistan dans sa décision de coopérer.
Quel est le rôle des Nations Unies? Le Canada estime que les Nations Unies doivent jouer un rôle de chef de file dans la lutte mondiale contre le terrorisme. Nous sommes heureux que l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité aient adopté rapidement des résolutions condamnant les attentats du 11 septembre. Le Canada se réjouit particulièrement de la résolution 1373 du Conseil de sécurité (28 septembre) qui engage les États à prendre des mesures précises pour endiguer l'apport de fonds aux terroristes et pour les priver de leurs réseaux de soutien. Nous félicitons les Nations Unies d'avoir posé ce geste concret contre le terrorisme. Le Canada a appliqué rapidement les dispositions de la résolution 1373.
Le 15 février, le Canada a annoncé qu'il avait ratifié la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme. La Convention vise à contrer les actes de terrorisme en privant les terroristes de leurs sources de financement, notamment par la création de nouvelles infractions au droit international.
La Convention a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1999 et est ouverte à la signature depuis le 10 janvier 2000. Le Canada est le vingtième pays à la ratifier. Elle entrera en vigueur lorsque 22 États l'auront ratifiée.
Toute action militaire doit-elle être approuvée par l'ONU? L'article 51 de la Charte de l'ONU autorise déjà l'usage de la force en situation de légitime défense. La résolution 1368 du Conseil de sécurité, adoptée immédiatement après les attentats du 11 septembre, reconnaît ce droit de légitime défense inscrit à l'article 51.
Quel rôle jouent les Forces armées canadiennes? Le 1er février, le Canada a envoyé environ 750 soldats dans la région de Kandahar, en Afghanistan. Ces derniers exécutent des tâches variées, allant de l'aide à l'acheminement des approvisionnements humanitaires à la population afghane à la participation à des opérations de combat. Environ 130 soldats de plus seront envoyés dans cette région à la mi-mars.
Les Forces canadiennes prennent part à la campagne de lutte contre le terrorisme de la coalition multinationale dirigée par les États-Unis. En ce moment, quelque 2 400 membres des Forces canadiennes sont affectés à l'opération APOLLO. Nos alliés, les États-Unis, ont présenté une demande d'aide au Canada parce qu'ils savent que les Forces canadiennes sont en mesure d'apporter une contribution importante à la sécurité internationale et qu'ils ont confiance en cette capacité.
Le Canada agit-il aussi à l'OTAN? Le Canada a fortement appuyé l'OTAN quand celle-ci a invoqué l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, qui dispose qu'une attaque armée contre un ou plusieurs Alliés sera considérée comme une attaque contre tous. Le 1er octobre 2001, les États-Unis ont présenté des preuves convaincantes de la participation d'Oussama ben Laden et de son réseau, ce qui a amené l'Organisation à invoquer l'article 5. Il revient maintenant aux membres de l'OTAN de décider comment aider les États-Unis collectivement et individuellement à réagir aux attentats.
Pour plus de renseignements concernant l'article 5, veuillez visiter le site de l'OTAN.
Pour plus de renseignements au sujet du Canada et de l'OTAN
Quelles seront les conséquences de la lutte contre le terrorisme sur la présidence canadienne du G8? Le Canada a joué un rôle clé pour faire adopter la déclaration des dirigeants du G8 sur l'action antiterroriste, qui touche notamment aux mesures financières, à la sécurité des transports aériens, au contrôle des exportations d'armes et à la coopération pour la sécurité. La lutte contre le terrorisme est depuis longtemps à l'ordre du jour du G8, et nous participons activement aux travaux intenses du G8 sur le contre-terrorisme, qui se concentrent sur les actions à prendre pour contrer les nouvelles menaces, comme les armes chimiques et biologiques, et pour aider les pays à appliquer les conventions existantes contre le terrorisme. L'antiterrorisme sera un des grands thèmes de la présidence canadienne du G8 en 2002.
Le Canada est-il actif au Moyen-Orient? Il ne fait aucun doute que la coopération internationale sera notre outil le plus essentiel dans la campagne contre le terrorisme. La participation directe des principaux États du Moyen-Orient constitue le meilleur moyen d'obtenir leur appui. Le récent voyage du ministre Manley dans la région s'inscrivait dans cet effort. Dans son dialogue continu avec les gouvernements du Moyen-Orient, le gouvernement canadien presse d'accélérer le processus de paix. Avec les dirigeants arabes, il continue de mettre l'accent sur la formation d'une coalition antiterroriste.
Qu'en est-il de nos relations avec les États-Unis? Nous avons intensifié nos échanges bilatéraux avec les États-Unis sur toutes les questions soulevées par les événements du 11 septembre. Des discussions d'une ampleur sans précédent ont lieu entre les ministres fédéraux et leurs homologues américains au sujet, notamment, de la sécurité à la frontière. Le 12 décembre, les gouvernements des deux pays ont signé une déclaration pour la création d'une frontière intelligente pour le XXIe siècle. Cette déclaration résume notre engagement à mettre en place une frontière qui facilitera, dans des conditions sûres, la libre circulation des personnes et le commerce, et qui permettra la poursuite des échanges commerciaux les plus importants du monde.
Le Commonwealth a-t-il un rôle à jouer? Oui. Les chefs de gouvernement des pays du Commonwealth reconnaissent depuis longtemps le danger que le terrorisme représente pour les valeurs fondamentales du Commonwealth et ils ont réaffirmé leur détermination à lutter contre ce problème dans la Déclaration du Commonwealth sur le terrorisme.
Ils ont d'ailleurs discuté du terrorisme lors de leur plus récent sommet, qui s'est tenu à Coolum, en Australie, du 2 au 5 mars 2002.
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